7 avril 2016 - 14 h. - 17 h. - Salle Georges Chevrier

(Accès/informations pratiques ici)

Séminaire « Coopérer » : Documenter les pratiques coopératives

Organisateurs : Alexia Blin, Stéphane Gacon, François Jarrige, François-Xavier Nérard et Xavier Vigna



L’histoire de l’économie sociale repose sur quelques études classiques qui ont mis en valeur l’émergence, la diversité et l’organisation de ce qu’on a pris l’habitude d’appeler le « tiers secteur ». Ce séminaire entend moins se pencher sur les cadres juridiques et les structures du mouvement coopératif que sur l’activité ordinaire des coopératives. Aborder la trivialité de la vie quotidienne en coopérative implique de s’interroger sur les logiques de fonctionnement d’un groupe qui se fixe un horizon d’attente élevé, sonder les logiques démocratiques et hiérarchiques, la nature des échanges et les mécanismes de la décision dans un contexte souvent difficile et qui contribue à attiser les tensions : les nécessités économiques (les règles de l’économie de marché, les grandes crises cycliques, le besoin d’une gestion fine), et politiques et sociales (le poids du libéralisme ou de l’étatisme, la force de l’idéologie dominante). Partant de là, il s’agit de s’intéresser aux aléas de la vie communautaire et à la part de sacrifice de soi qu’elle implique, à la manière dont l’idéal est confronté à la réalité, amendé, édulcoré pour que la coopérative tienne. Pensée dans une perspective globale et sur la longue durée de l’histoire des associations et des coopératives (XIXe-XXIsiècle), cette réflexion mettra l’accent cette année sur la question délicate des sources d’une histoire des acteurs de la vie sociale.

 

 

  • Alain Mélo (AXALP, Annecy) :
    Qu’est-ce coopérer ? Sources pour une analyse des pratiques de coopération entre acteurs du XIXe au XXIe siècle

    La coopération entre acteurs peut se définir comme la création et la mise en œuvre volontaire d’un lien social spécifique, élaboré au sein d’un groupe et à son usage (G. Simondon). Elle s’appuie sur un champ d’expérience (réalité et imaginaire social, symbolique) qui détermine l’horizon d’attente du groupe (R. Koselleck). Elle se résout au quotidien par des pratiques de sociabilité et de gouvernement du groupe.

    L’étude de ces pratiques donne finalement corps à ce tiers secteur, à cette économie dite sociale et parfois solidaire, dont l’histoire se résume trop souvent à un discours téléologique : de la question sociale posée à la réponse associative issue de l’application de théories sociales utopiques ou non.

    Les sources existent pour aborder ce quotidien coopératif. La documentation directe issue des acteurs eux-mêmes (PV de réunions et correspondance générale, notamment) reste malheureusement trop rare du fait de la disparition très fréquente des archives des entreprises de l’économie sociale (P. Toucas-Truyen) ; et un fonds comme celui des Archives de la Maison du peuple de Saint-Claude (Jura) fait exception (A. Mélo). Les documents produits à la demande des ou par les instances publiques (statuts, entre autres) permettent également d’appréhender le quotidien coopératif, certes de manière souvent détournée. Enfin, pour les périodes les plus récentes (dès la seconde moitié du XXe siècle), l’enquête orale reste un outil majeur pour l’acquisition de données particulièrement riches sur ces pratiques coopératives (posture des individus, rapports de pouvoir, représentatif du fait coopératif, etc.).

  • Thomas Lamarche (UMR LADYSS CNRS, Université Paris Diderot) :
    La manufacture coopérative : un processus de recherche-action pour l’accompagnement à la coopération

    Les coopératives sont des sociétés de personnes, par opposition aux sociétés de capitaux. D’emblée l’enjeu de la propriété commune est posée, et plus indirectement celui de la constitution des ressources communes ainsi que le rôle des dispositifs et des personnes permettant de coopérer. Coopérer non pas dans les activités de travail, ce qui n’est pas spécifique à la coopérative, mais dans les décisions, les instances, la gouvernance, en référence à l’instauration de démocratie dans l’entreprise, et plus largement dans l’action collective, en incluant la capacité des personnes à initier et transmettre les compétences collectives qui permettent à la coopérative de se développer.

    L’intervention mettra en perspective le processus de Recherche action qui prend place dans La manufacture coopérative (Manufacture.coop). Le processus vise à travailler entre chercheur (principalement en économie) et acteurs afin de produire  et accumuler des connaissances sur les pratiques et les règles qui permettent / qui rendent possible l’agir  collectif. Il s’agit de penser la recomposition par l’ESS du rapport salarial : la mutualisation, les solidarités qui sont issues des sociétés de personnes, puis sont / ont été institués.

     

     

    Entrée libre, sans inscription

 

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Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche
"Sociétés, Sensibilités, Soin"
UMR 7366 CNRS-uB

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